| Sidi Fatah |
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Sidi Fatah reste un saint sans légende et sans prodige. Il était un simple gardien qui ouvrait et fermait, toujours aux mêmes heures, la porte d’entrée de la ville de Dar El Beida (Casablanca).
Le jour, il enseignait le Coran aux petits enfants qui habitaient près du portail, sans rien exiger de leur famille. Le soir dans la Mosquée la plus proche, il animait des soirées religieuses et exhortait les gens à la piété, à l’honnêteté et au travail. D’ailleurs, il passait son temps à soulager les pauvres en leur donnant de l’argent qu’il gagnait en faisant le portefaix. Il rendait visite aux malades et grabataires, leur apportant réconfort et paix de l’âme.
A sa mort, les pauvres en souvenir de sa bonté et en signe de reconnaissance ont refusé qu’il soit enterré dans un cimetière comme le commun des mortels.
Une délégation composée de mendiants, d’aveugles, d’estropiés et de vieillards se rendit en cortège chez le Pacha de la ville et réclama qu’il soit inhumé au msid (Ecole coranique) où il dispensait ses cours aux petits enfants du quartier.
C’est ainsi qu’ils cotisèrent et construisirent une pièce, certes des plus simples, mais combien riche en sentiments, pour abriter sa tombe. Cette dernière fut protégée par un Derbouz en bois sculpté par un artisan du coin.
Sidi Fatah est resté le Saint des pauvres et des malheureux ici bas. On n’y brûle ni cierge ni encens. Des Fkih y psalmodient le Coran ; les déracinés de la ville y viennent pleurer leur chagrin.
L’intérieur est sobre : le seul mobilier est une natte de jonc éculée. Il n’y a pas de fenêtre. Pour éclairer le sanctuaire il faut laisser la porte ouverte. C’est une lumière blafarde qui jette des ombres estampées sur une tombe de terre et de pierre qui rappelle à chaque instant, à ceux qui souffrent et qui gémissent, que la vie ici bas n’est qu’un passage.
Sidi Fatah reste un saint sans légende et sans prodige. Il était un simple gardien qui ouvrait et fermait, toujours aux mêmes heures, la porte d’entrée de la ville de Dar El Beida (Casablanca). Le jour, il enseignait le Coran aux petits enfants qui habitaient près du portail, sans rien exiger de leur famille. Le soir dans la Mosquée la plus proche, il animait des soirées religieuses et exhortait les gens à la piété, à l’honnêteté et au travail. D’ailleurs, il passait son temps à soulager les pauvres en leur donnant de l’argent qu’il gagnait en faisant le portefaix. Il rendait visite aux malades et grabataires, leur apportant réconfort et paix de l’âme.
A sa mort, les pauvres en souvenir de sa bonté et en signe de reconnaissance ont refusé qu’il soit enterré dans un cimetière comme le commun des mortels. Une délégation composée de mendiants, d’aveugles, d’estropiés et de vieillards se rendit en cortège chez le Pacha de la ville et réclama qu’il soit inhumé au msid (Ecole coranique) où il dispensait ses cours aux petits enfants du quartier. C’est ainsi qu’ils cotisèrent et construisirent une pièce, certes des plus simples, mais combien riche en sentiments, pour abriter sa tombe. Cette dernière fut protégée par un Derbouz en bois sculpté par un artisan du coin. Sidi Fatah est resté le Saint des pauvres et des malheureux ici bas. On n’y brûle ni cierge ni encens. Des Fkih y psalmodient le Coran ; les déracinés de la ville y viennent pleurer leur chagrin. L’intérieur est sobre : le seul mobilier est une natte de jonc éculée. Il n’y a pas de fenêtre. Pour éclairer le sanctuaire il faut laisser la porte ouverte. C’est une lumière blafarde qui jette des ombres estampées sur une tombe de terre et de pierre qui rappelle à chaque instant, à ceux qui souffrent et qui gémissent, que la vie ici bas n’est qu’un passage. |



