Sidi Mohamed Moul Assabiane PDF Imprimer Envoyer

L’histoire de Sidi Mohamed Moul Assabiane se confond avec celle du peuple. C’est un simple porteur d’eau qui vivait au début du siècle. Il faisait la corvée d’eau pour tout le douar, sans aucune compensation, si ce n’est une Kasra de pain, et une poignée d’olives que lui donnait tantôt l’un, tantôt l’autre des habitants. Le soir, harassé, il venait s’étendre à côté de ses outres vides.

Les enfants l’aimaient beaucoup, d’où son nom Moul Assabiance. On le voyait souvent, en porter un sur ses épaules pendant qu’il distribuait l’eau. Une fois son travail terminé, il se plaisait à jouer avec eux tard dans la soirée.

Il s’intéressait tellement à ces petits êtres, qu’il avait fini par connaître tout ce qui pouvait les toucher.

Quand ils étaient fatigués, il les veillait. Très vite, il se rendit compte quelles plantes ou quel produit animal pouvait guérir leur mal. Ses différentes observations lui permirent de classer leurs maladies, de savoir leur symptomatologie et de pouvoir les traiter.

De temps à autre, il allait à pied à Marrakech pour chercher des remèdes. Le porteur d’eau devint ainsi un médecin d’enfants que venaient trouver de loin les parents angoissés. Ils lui apportaient leurs bébés souffrants, l’implorant de les guérir. Il refusa toujours d’être payé, avec beaucoup de gentillesse. Il commençait toujours par s’attacher l’enfant en créant un climat de confiance pour que ce dernier accepte le traitement. Aujourd’hui encore, un homme garde jalousement les recettes de Sidi Mohamed Moul Assabiane ; d’ailleurs, beaucoup de femmes, des enfants malades sur les bras, lui rendent visites quotidiennement.

Sidi Mohamed Moul Assabiane, avant sa mort, exigea qu’on l’enterrât à côté des arbres sous lesquels il dormait et autour desquels il se plaisait à courir avec les enfants qui venaient jouer avec lui.

Son vœu fut scrupuleusement exhaussé par la population. C’est ainsi qu’en plein quartier de villas, à l’oasis, au milieu d’un cimetière abandonné où abondance doum et sabra, un groupe de bienfaitrices a édifié sur la tombe de Sidi Mohamed Mou Assabiane un beau sanctuaire ; on y accède par une petite cour où a été aménagé un puits dont l’eau sacrée sert aux ablutions des visiteurs.

La tombe est couverte d’un grand tabout en bois couvert d’un riche tissu en laine changé chaque année.

Aux pieds du Saint, est posée une longue chaîne en fer que le marabout passe autour des jambes des visiteurs malades pour chasser les mal. Il existe aussi une belle pierre ronde et lisse avec laquelle les patients frottent les régions malades de leur corps.

A côté du marabout est construite, à même le sol, la tombe d’une femme inconnue. La tête de cette tombe est régulièrement teintée de henné.

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