Sidi Beliout PDF Imprimer Envoyer

Sidi Beliout est le patron de la ville de Casablanca. Il était l'ami des bêtes. C'était un berger modèle qui gardait des moutons et des chèvres sous la surveillance d'un lion. Ce même lion le guidera plus tard quand il deviendra aveugle. C'est pour celà qu'on l'appelait "Abou lliout" "Le père des lions".

Il vivait simplement. Il tissait lui-même sa djellaba. Il se nourissait du lait de ses chèvres. Il pilait les graines d'orge pour préparer sa "Zoumita". Frugalité, sobriété, étaient les règles essentielles de sa vie.

Avec le temps, il devint de plus en plus austère et finit par abandonner sa communauté pour aller se réfugier dans la forêt d'Ain Sebaa où il se construisit une hutte de branchages. Là, parmi les bêtes sauvages, il mena une vie retirée de ce monde, priant le Seigneur jusqu'à des heures avancées de la nuit.

Il laissa pousser ses cheveux et sa barbe et prit l'allure d'un Derwich.

De temps à autre on le voyait marcher dans la forêt suivi de lions. Quand il s'arrêtait, ils venaient se serrer contre lui en rugissant. Quand il dormait, ils de mettaient en rond autour de lui et s'assoupissaient.

Sidi Beliout préféra vivre avec les bêtes car les hommes l'avaient beaucoup déçu. Il était dégouté par le comportement de la société d'alors où le fort exploitait le faible. Le mensonge, le vol, la malhonnêteté régnaient sur une communauté passive. La religion restait livresque. Peu de gens en respectaient les principes.

Les droits élémentaires de l'homme étaient bafoués chaque jour. La justice n'existait que pour les riches et les puissants.

Au départ, il se révolta et cria son mecontentement et sa désapprobation. Il demanda audience aux Caids et Pachas et exposa les malheurs des gens que l'injustice réduisait à la pauvreté.

Il ne trouva que des oreilles sourdes et des coeurs de fer. Pour montrer son courroux et en guise de désespoir, il se creva les yeux et se retira pour prier jusqu'à sa mort parmi ses animaux fidèles. Là, commence une belle légende. Les uns disent que les fauves l'aurient tiré au fin fond de la forêt. Ils lui auraient creusé une grande tombe remplie de feuillages et l'auraient fait reposer sur ce doux lit. Ils le gardèrent nuit et jour.

D'autres disent que le lion qui lui servit de guide, le prit entre ses dents et l'amena au cimetière. Là, il se mit à rugir jusqu'à ce que toute la population se rassembla. Puis il se retira laissant là le cadavre.

Il fut enterré avec beaucoup de respect et devint un lieu de pélerinage. Une belle Kouba (coupole) fut construite. L'entrée de cette dernière est sculptée d'arabesques.

Un beau tabout entoura la tombe; un palmier a poussé par miracle dans la kouba et on a dû lui aménager un trou dans le toit pour qu'il aille chercher les rayons du soleil.

C'est à ses pieds que les visiteurs viennent subir l'incubation.

Avant d'arriver à la Kouba, il faut traverser deux grandes selles inondées de lumière où viennent se reposer, dans le calme et la sérénité, les convalescents.

Une belle saquia de zellij (faience) murmure nuit et jour.

Une mosquée a été aménagée en face de la tombe. Elle est éclairée par de lucarnes où, à tour de role, moineaux et hirondelles viennet se nicher et remplir le lieu de priéres d'un gazouillis enchanteur.

Les visiteurs sont en particulier des jeunes filles qui viennent trouver refuge auprès du Wali lui exposant leur souci.

Commentaires (0)

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
security image
Entrez les caractères affichés

busy
 

Sidi Hajjaj

Sidi Hajjaj serait un illuminé qui, à la pleine lune, perdait la raison. Dans ces moments là, il dispensait une baraqua débordante et bienfaisante. Les gens accouraient de tous les...

Lire la suite

Sidi Abdellah Bel Hadj

Pour accéder au Marabout de Sidi Abdellah Bel Hadj, il faut traverser tout le bidonville qui longe la place d'Ain Sebaa; après de nombreux détours par des ruelles, entre des...

Lire la suite

Sondage

Est ce que vous pensez que les Marabouts ont une une influence sur les Marocains?